1) LES TENDANCES D’ÉVOLUTION DES MÉTIERS DE DESIGNER

Le designer navigue dans un environnement des plus mouvants et il se doit d’accompagner ces changements afin de garantir la pertinence de ses interventions. Par conséquent, il est au fait des tendances et des goûts de l’époque et de l’évolution des techniques.

À ce jour, de nouvelles tendances se profilent :

  • recherche de profils mixtes de designers maîtrisant à la fois les codes du design et ceux du marketing ;
  • besoin de conciliation design et savoirs industriels (connaissance des matériaux, procédés de fabrication, techniques) ;
  • demandes portant de plus en plus sur le conseil, le suivi technique et la recherche et non plus seulement sur la création, ce qui renforce la dimension stratégique du métier ;
  • développement du travail en équipes pluridisciplinaires ;
  • développement de la dimension internationale avec la conquête de nouveaux marchés, notamment en Europe.



2) LES CONDITIONS D’EXERCICE DES DESIGNERS

Le secteur du design se caractérise par une souplesse dans les modes d’exercice de la profession : designer indépendant, designer intégré, designer en agence. Ces statuts traduisent souvent des intérêts et des moments différents dans une carrière.

Les entreprises s’appuient simultanément sur des designers exerçant sous divers statuts. Ce choix s’opère en fonction de leurs besoins internes car elles leur reconnaissent des avantages différents. Le salarié participera à la fluidification des échanges avec les consultants externes et s’assurera de la bonne compréhension des enjeux internes ; l’indépendant apportera sa créativité et son indépendance de vue.

Le mode d’exercice ne conditionne pas profondément le profil du designer, mais détermine davantage son cadre d’intervention.
Designer indépendant : les projets qu’il gère sont diversifiés et ses interventions s’articulent beaucoup autour du conseil en raison de son regard extérieur. Son métier comporte de manière incontournable une part de management et de gestion. Enfin, il s’implique fortement dans l’identification de partenaires.
Designer intégré : il possède une bonne connaissance de l’entreprise (marché, métier, contraintes et moyens de les dépasser, process). Il est souvent beaucoup plus spécialisé (niveau d’implication dépendant de la taille de l’entreprise), en contrepartie, il s’investit de manière significative dans la gestion transversale des projets de l’entreprise.
Designer en agence : son métier est marqué par une grande diversification des projets qu’il est amené à gérer.


3) LA FORMATION DES DESIGNERS

La plupart des directeurs d’agence ont été formés dans des écoles de design et des écoles d’art. Lorsqu’une structure a plusieurs dirigeants, l’un des deux au moins a une formation en design dans 84 % des cas, le second étant le plus souvent designer (31 %), plus rarement gestionnaire (25 %), architecte (21 %) ou ingénieur (19 %).

4) L’ÉVOLUTION PROFESSIONNELLE DES DESIGNERS

L’évolution professionnelle des designers est peu visible et formalisée. Elle est souvent liée à l’ancienneté et se traduit par un renforcement de la dimension managériale. Elle accompagne un positionnement plus central et intégré dans les organisations.

  • Junior : Conception, sectorisé dans le processus ;
  • Senior : Approche globale du projet (gestion du projet et de l’équipe, gestion multi-intervenants), approche transdisciplinaire, davantage de conseil et de management, moins de production. ;
  • Design Manager : Définition des nouvelles orientations, vision, maturité, prise de hauteur par rapport à la création.
  • Directeur du Design.

Les notions de filière et de passerelles professionnelles n’apparaissent pas évidentes alors que le design ouvre à des carrières avec un ensemble de métiers : de la stratégie à l’opérationnel, en passant par la gestion de projet. L’introduction du principe de filière permettrait de donner du poids au designer et des repères à l’entreprise. L’enjeu est bien de donner confiance aux entreprises françaises dans les compétences du designer, notamment dans les domaines du management.

5) LE DÉVELOPPEMENT DES COMPÉTENCES DES DESIGNERS

Face à la crise, seules 25 % des agences ont investi en formation en 2010. Le recours à la formation continue est globalement faible, mais il augmente avec la taille des entreprises et des agences. Le statut des designers n’est pas neutre dans les conditions d’accès à la formation puisqu’il est démontré que les designers indépendants ne se forment pas, ce qui peut laisser présumer, à terme, un risque d’absence d’évolution professionnelle. Les causes de cette carence résident aussi dans la profession elle-même pour laquelle il n’existe pas de notion de carrière. De façon générale, les principaux freins énoncés sont le manque de temps disponible et la méconnaissance des formations comme de leur financement.

Les besoins de formation exprimés par les dirigeants concernent les NTIC et le multimédia (26 %), le management/finances/business (12 %) et les langues (8 %). Quelques demandes isolées concernent l’écoconception et les nouvelles méthodologies du design.

Au-delà de ces formations spécifiques, il faut souligner la transformation du paysage du design qui amène les entreprises à rechercher de nouveaux profils dits mixtes, maîtrisant à la fois les codes du design et ceux du marketing. Ceci révèle de nouvelles opportunités de développement des compétences pour les designers. Les instituts de formation commencent à accompagner cette évolution en constituant des partenariats, plus ou moins forts, entre écoles de commerce et écoles de design.

6) L’OFFRE DE FORMATION CONTINUE EN DESIGN

Les écoles françaises sont reconnues à travers le monde pour l’excellence de leur enseignement et la variété de leur approche du design. Les différents champs d’intervention du design sont couverts, avec l’émergence d’une offre conséquente en écodesign/écoconception, en lien avec une tendance forte de la société.

L’étude de faisabilité sur la mise en place d’une offre structurée de formation continue en matière de design réalisée par l’AFD en 2010 indiquait des pistes de réflexion pour ajuster et consolider l’offre actuelle :

  • management, communication et développement personnel pour les responsables design et cadres de l’entreprise ;
  • technique et informatique pour les techniciens ;
  • sensibilisation aux métiers et carrières du design pour les dirigeants d’agence de design et d’entreprise

La formation continue des designers au management est un facteur clé du développement de la profession. Il n’existe pratiquement aucun dispositif pour encadrer la formation continue des designers au management par le produit ou par la créativité. Dans le secteur du Web design, il n’existe aucune formation au management des services en ligne par le design. La compétence managériale est indispensable au designer, simplement parce que le designer est un concepteur.

Afin de s’adapter aux besoins des entreprises, cette offre de formation continue devrait être fondée sur des référentiels identifiant des compétences et des méthodes de design dans les trois niveaux de la carrière du designer :

– le designer opérationnel (projet, sélection)
– le designer tactique (gestion des processus, stratégie design)
– le design stratégique (vision, anticipation, différenciation, innovation)

 

Source : Référentiel des métiers du design – DGCIS/INTERFACE